Les usages peuvent-ils déterminer la nature d’un service ?
Posée le 8 juillet 2008 | Catégorie Analyse
C’est le monde à l’envers. Il y a près d’un an, j’étais l’un des premiers de ma boite à tester Twitter, par pur curiosité. Un ami m’avait parlé du concept alors je me suis dis pourquoi pas. Le problème c’est que vous êtes quasiment tout seul au début. Mes collègues trouvaient ça complètement inutile à l’époque et c’est vrai que j’avais du mal à y trouver un quelconque intérêt. Aujourd’hui, c’est eux qui l’utilisent le plus.
En quelques mois, beaucoup de geeks l’ont adopté. Quand les notifications de suivi se multiplie, c’est que la sauce commence à prendre. Plus vous suivez de gens, plus le flux s’intensifie, plus ça devient difficile à suivre, moins le service est utile. Si vous ne faite pas gaffe, vous vous retrouvé avec un brouhara de twits de publications blog, de 3615 Mylife et de “Je vais me doucher”, “Ou sont passé mes clés ?” ou “Bonne nuit à tous” ce qui vous pousse à faire le tri dans vos suivis.
Pour ma part, il m’est très utile pour publier des Questions flash. Ou que je sois, il m’arrive d’avoir des interrogations. Je les notais dans mon calepin pour les bloguer plus tard (ou ne jamais les bloguer), aujourd’hui je les postes sur Twitter avec mon iPhone et les partages sur mon blog grâce à un widget associé. Pour répondre c’est très simple, il suffit d’avoir un compte et de publier un twit’ commençant par “@sylvainw“. Ce même widget récupère toutes les réponses en temps réel et les affiches. Autrement, je continue les déclinaisons du concept avec les Questions illustrées, elles aussi publiées en live grâce à l’Internet mobile. Je ne sais pas si c’est un progrès ou une idée stupide, en attendant je teste ;)
En fait, ce qui est incroyable, c’est que ce n’est pas le service qui a déterminé les usages, mais les gens qui lui ont souvent trouvé des utilités. En tant qu’entrepreneur, est-il possible de prévoir ce que les utilisateurs feront avec votre application ? N’y a-t-il pas une part d’aléatoire dans l’adoption ou le désintéressement d’un tel service ? L’effet de mode est vraiment quelque chose d’éphémère et de difficile à créer, souvent les créateurs sont dépassés par l’intensité du phénomène.
Après un usage consolidé par les Early Adopters, nous entrons aujourd’hui dans une deuxième phase d’épanouissement produit, celle de l’adoption ou non par le grand public. Et ça, c’est une autre histoire…
Réponses
6 réponses à la question “Les usages peuvent-ils déterminer la nature d’un service ?”
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Le SMS à la base, ce n’était pas fait pour communiquer entre personne, c’était juste pour être informations de la part de l’opérateur.
c’est aujourd’hui la ou ils se font le plus de marge.
@Thomas : Exactement, c’est un autre bon exemple d’adaptation à l’usage. Et, en effet, les SMS+ sont très rentables pour leurs bénéficiants.
hello :)
“En fait, ce qui est incroyable, c’est que ce n’est pas le service qui a déterminé les usages, mais les gens qui lui ont souvent trouvé des utilités”
AMHA, les gens trouvent TOUJOURS des utilités aux dispositifs techniques et JAMAIS l’inverse. Je m’explique. Quand on conçoit un nouveau service ou une nouvelle techno, on essaie de s’adapter aux usages pre-existants pour lancer de nouveaux services qui feront évoluer ces usages..
Exemple(s) : les mecs qui ont inventé la télécommande (pour la TV) se sont dit que cela éviterait aux gens de se déplacer pour passer d’une chaine à une autre. Soit. En fait ils n’auraient pas prédit que les gens l’utiliseraient pour deux usages précis : zapper les pubs et (surtout) reconstituer une programmation personnalisée en zappant d’une chaine à une autre pour se taper uniquement les programmes qui les intéressent. Du coup, les gens sont devenus maîtres de leur programmation. Les chaines TV s’en mordaient au début les doigts, mais rapidement elles se sont adaptées (contraintes et forcées) en proposant des émissions nouvelles, longues de plus d’une heure avec plein de petites parties diverses parce qu’elles ont compris que les gens zappaient ce qui ne les intéressait pas (voir à ce sujet canal+ avec nulle part ailleurs qui est un très bon cas d’école).
Dans un autre style : le ebook. Quand il est sorti pour la première fois, dans les années 2000, il a fait un flop monumental. Les concepteurs n’avaient pas intégré le fait qu’un livre papier est, ergonomiquement parlant, bien plus pratique qu’un cahier électronique (sans compter le prix) : On ne peut révolutionner les usages comme ça, il faut nécessairement intégrer les caractéristiques des usages qui font d’eux des usages socialement établis..
C’est la même chose avec twitter. Les concepteurs du service ont bien étudié les usages courants du blog et du SMS pour proposer un nouveau service permettant, je cite, de répondre à la question que suis en train de faire actuellement.
Comme tout service ou dispositif technique, il y a nécessairement des usages détournés. C’est cela qui est intéressant. L’usage de la zapette (pour reprendre l’exemple précédent que je trouve assez intéressant) pour passer les pubs ou se construire une programmation personnalisée constitue un usage détourné du dispositif..
En espérant arriver à me faire comprendre à cette heure tardive (fait trop chaud pour dormir !).. Je voulais donc essentiellement rappeler le fait que les nouveaux services se construisent nécessairement autour d’usages pré établis, sinon ils font un flop quasi-obligatoirement..
Bon je vais de ce pas faire un billet sur le sujet car je m’étend peut être trop (et pas assez) sur le sujet pour un simple commentaire :P
Best Regards ;),
euh je me suis un peu emmelé les pinceaux dans mes balises italiques, du coup je voulais juste mettre la citation de ton article du début en italique, mais je l’ai pas fermée, désolé ^^
@redpeppers : Corrigé ! Merci pour ton riche commentaire. C’est vrai que la zapette est un très bon exemple en matière de conception objet. Le périphérique est initialement crée pour répondre à un besoin. Utilité remplie, son adoption développe des usages non anticipés qui dépassent alors la vision des inventeurs.
En fait, Chaque innovation amène de nouvelles questions, problématiques et comportements. Les interfaces tactiles par exemple, imposent de nouvelles pratiques en terme de conception ergonomique : surface d’écran masquée par les doigts, morphologie différente en fonction du sujet, gestuelles influencées par la culture etc.
Merci d’avoir corrigé mes erreurs de balisage ;)
Oui voila, c’est la même avec les interfaces tactiles, les contraintes ergonomiques sont nombreuses, il s’agit de s’adapter à un panel d’utilisateurs variés, à des usages divers pas forcément anticipables… Sans compter tous les usages détournés qui découleront.. Vraiment pas simple.
Au plaisir de te relire sur ce blog !